INSECTES

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Les producteurs agricoles canadiens sont de plus en plus préoccupés par la résistance aux insecticides. Les insectes résistants réduisent les rendements. Au début, les pertes peuvent passer inaperçues, mais comme les insectes se reproduisent à un rythme exponentiel, ils peuvent rapidement engendrer des pertes importantes. L’adoption de pratiques qui préviennent ou retardent le développement de la résistance protégera votre rentabilité et assurera l’efficacité des pesticides à long terme.

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PRATIQUES DE GESTION OPTIMALES DE LA RÉSISTANCE AUX INSECTICIDES

Les pratiques de gestion optimales (PGO) pour prévenir la résistance aux insecticides comprennent des mesures de lutte culturales, mécaniques, biologiques et chimiques. Commencez dès aujourd’hui à gérer la résistance sur votre ferme.

ÉVALUER LA NÉCESSITÉ D’EFFECTUER DES TRAITEMENTS INSECTICIDES

Avant d’utiliser un insecticide, vous devriez toujours identifier correctement l’organisme nuisible et effectuer un dépistage pour déterminer l’ampleur de l’infestation. Effectuez un traitement seulement si les seuils d’intervention (par exemple, la population d’insectes ou l’ampleur des dommages) sont atteints ou si les modèles prédictifs indiquent qu’ils le seront.

  • Identifiez l’insecte et son stade de développement
    • La mauvaise utilisation d’insecticides en raison d’une identification erronée de l’insecte contribue au développement de la résistance. Au besoin, montrez l’insecte à un agronome ou à un conseiller en cultures qui saura l’identifier.
    • Pour maximiser l’efficacité des traitements insecticides, vous devez également connaître le cycle de vie et le stade de développement de l’insecte. Certains insectes passent une partie de leur vie dans le sol où ils sont protégés des insecticides. L’identification du stade de développement aide à prédire la période où les insectes seront à découvert et vulnérables.
  • Dépistez régulièrement les insectes dans vos cultures, y compris après tout traitement
    • Dépistez les insectes nuisibles dans vos cultures et dans les zones adjacentes, y compris les bordures de champs ou de vergers, ainsi que près des zones où il y a des dommages qui auraient pu être causés par des insectes.
    • Les outils et les méthodes de dépistage varient en fonction de l’insecte : certains insectes sont comptés sur le feuillage, d’autres sont ramassés dans des filets fauchoirs et d’autres encore sont attrapés dans des pièges. Les seuils d’intervention sont établis en fonction de la méthode de dépistage (par exemple, nombre d’adultes/balayage de filet); vous devez donc savoir comment dépister correctement l’insecte visé.
  • Respectez les seuils d’intervention
    • Lorsque le dépistage indique que la population d’insectes est sous le seuil d’intervention ou que les insectes ne sont pas au stade de développement où le traitement serait le plus efficace, le traitement insecticide peut être évité ou retardé.
    • Apprenez à connaître les seuils d’intervention recommandés ou les modèles prédictifs pour déterminer le meilleur moment d’effectuer un traitement.
    • Effectuez un traitement insecticide dès que le seul d’intervention est atteint, c’est-à-dire lorsque la population d’insectes ou l’ampleur des dommages est telle qu’un traitement serait efficace. Consultez votre conseiller en cultures ou le ministère de l’Agriculture de votre province pour connaître les seuils d’intervention pour les insectes présents dans vos cultures.

Cliquez ici pour en apprendre davantage sur l’évaluation de la nécessité d’effectuer des traitements insecticides

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ADOPTER LES PRATIQUES DE GESTION OPTIMALE LIÉES À L’UTILISATION D'INSECTICIDES

Au moment de choisir des insecticides, sélectionnez les bons produits pour le bon insecte dans la bonne culture. Utilisez des produits qui appartiennent à différents groupes en alternance, suivez les directives de l’étiquette des produits et respectez les seuils économiques.

  • Utilisez en alternance des produits appartenant à différents groupes
    • Les pesticides sont classés en groupes selon leur mode d’action ou leur site cible. Les groupes sont codés à l’aide de chiffres et de lettres et ce code est clairement indiqué sur les étiquettes de produits.
    • Il est acceptable d’effectuer des traitements consécutifs (généralement moins de trois) d’insecticides ayant le même mode d’action si les traitements visent la même génération d’insectes ou s’ils sont effectués pendant une même période de traitement.
    • Une période de traitement correspond à une génération d’insectes ou approximativement 30 jours.
    • Après avoir traité la culture avec des insecticides d’un même groupe pendant une période de traitement, utilisez un insecticide appartenant à un autre groupe pendant la période de traitement suivante.
    • Les produits qui comprennent plusieurs insecticides appartenant à différents groupes sont efficaces et recommandés, mais assurez-vous d’utiliser des produits appartenant à d’autres groupes pendant la période de traitement suivante.
    • S’il est difficile de déterminer la durée d’une génération d’insectes, changez de groupe d’insecticides tous les 30 jours.
    • Pour les cultures ayant un cycle de production court (< 50 jours), chaque cycle de production devrait être considéré comme une période de traitement; par conséquent, un insecticide ayant un mode d’action différent devrait être utilisé pour chaque nouveau cycle de production.
    • Pour les insectes produisant une seule génération par année, alternez les groupes d’insecticides chaque année.
    • Si la résistance à un insecticide a été confirmée dans une zone, ne traitez pas de nouveau cette zone avec un insecticide d’un même groupe au cours de la même saison.
  • Maximisez l’efficacité des traitements
    • Lisez toujours les étiquettes d’insecticides et utilisez la dose et le volume d’eau recommandés pour bien couvrir la culture.
    • Utilisez des buses appropriées et calibrez correctement le pulvérisateur pour bien couvrir la culture, ce qui est particulièrement important pour les insecticides de contact et les cultures à couvert végétal dense.
    • Tenez compte du dépistage et de l’historique du champ dans vos choix de traitements de semence.
    • Soyez conscient qu’un produit pourrait ne pas fonctionner pour une raison autre que la résistance.
    • L’utilisation de mélanges d’insecticides (mélanges en réservoir) n’est pas une stratégie principale de la lutte intégrée, mais elle peut offrir des avantages lorsqu’elle fait partie d’une stratégie d’alternance de produits ayant différents modes d’action. Les mélanges d’insecticides ciblent plusieurs espèces d’insectes nuisibles à la fois, améliorent la maîtrise d’une espèce en particulier et procurent une meilleure suppression d’une génération d’insectes en s’attaquant à plus d’un stade de développement de l’insecte (par exemple, l’adulte et l’œuf). Si l’infestation justifie l’utilisation d’un mélange d’insecticides, consultez un agronome ou un conseiller en cultures pour connaître les mélanges qui minimiseront le risque de développement de la résistance.

Cliquez ici pour en apprendre davantage sur les pratiques de gestion optimales liées à l’utilisation d’insecticides

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PRATIQUER LA LUTTE INTÉGRÉE

La lutte intégrée comprend des méthodes de lutte culturales, biologiques et mécaniques.

  • Méthodes culturales – Adoptez des pratiques qui rendent le milieu moins favorable aux insectes nuisibles.
    • Choisissez des variétés résistantes aux insectes nuisibles.
    • Semez à des dates qui permettront d’éviter les périodes d’activité intense des insectes. Par exemple, un semis hâtif permettra à la culture de bien s’établir et, par conséquent, plus d’être plus tolérante aux attaques d’insectes nuisibles.
    • Pratiquez des rotations de culture. Produisez une culture hôte aussi loin que possible qu’elle a été produite précédemment ou d’un champ adjacent qui servira à la production d’une culture similaire.
    • Gardez les plants en santé et faites attention aux sources de stress comme les carences, la présence d’organismes nuisibles et les conditions météorologiques défavorables.
  • Méthodes biologiques – Préservez les ennemis naturels qui aident à réduire les populations d’insectes nuisibles.
    • Conservez un habitat pour les ennemis naturels (aussi appelés insectes bénéfiques) qui comprend des plantes à fleurs, des arbustes, de l’eau propre et des sites de ponte.
    • Considérez les insectes bénéfiques dans vos décisions de traitements insecticides.
    • Choisissez le bon insecticide pour le bon insecte dans la bonne culture. Traitez la culture seulement lorsque les seuils sont atteints ou qu’on prévoit qu’ils seront dépassés.
    • Lisez l’étiquette pour connaître les périodes de traitement à éviter (par exemple lorsque les pollinisateurs butinent).
    • Minimisez la dérive pour réduire les effets néfastes sur les insectes bénéfiques dans les habitats à proximité de la zone traitée.
  • Méthodes mécaniques – Gérez les insectes nuisibles à l’aide de barrières physiques.
    • Utilisez des paillis de plastique sur buttes pour minimiser les dommages d’insectes terrestres et des mini-tunnels pour minimiser les dommages d’insectes volants; installez des moustiquaires sur les ouvrants de serres.
    • Dans les exploitations horticoles, éliminez physiquement les plantes atteintes et, si possible, les insectes nuisibles eux-mêmes.
    • Dans les grandes cultures, éliminez les mauvaises herbes qui servent de plantes hôtes aux insectes nuisibles comme les annuelles d’hiver pour les vers-gris ou le nerprun pour les pucerons du soya.
  • Biopesticides – Gérez les insectes à l’aide d’insecticides issus de bactéries, de champignons et de minéraux.
    • Les biopesticides s’intègrent très bien aux systèmes de lutte intégrée puisqu’ils peuvent être utilisés dans le cadre d’un programme de dépistage et qu’ils fonctionnent généralement mieux lorsque les populations d’organismes nuisibles sont plutôt faibles.
    • Les phéromones (substances que les insectes utilisent pour communiquer entre eux) sont utilisées pour entraver la reproduction ou pour attirer les insectes dans des pièges et les tuer.
    • Les pesticides microbiens, lesquels contiennent des organismes vivants comme des algues, des virus, des champignons et des bactéries, peuvent être utilisés dans la lutte contre certaines espèces d’insectes.

Cliquez ici pour en apprendre davantage sur la lutte intégrée.

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AUTRES PGO POUR GÉRER LA RÉSISTANCE
  • Gardez des registres détaillés de vos traitements. Les données de dépistage, de traitements insecticides et de l’efficacité des traitements pourront éclairer vos futures décisions de traitement.
  • Envisagez d’établir un refuge ou une culture-piège, c’est-à-dire une culture qui attire les insectes nuisibles loin de la culture principale. Dans certains cas, il peut s’avérer nécessaire de traiter seulement la culture-piège plutôt que le champ au complet. Les cultures-pièges peuvent également être utilisées dans les programmes de dépistage.
  • Si vous soupçonnez que vous avez des insectes résistants, communiquez avec un agronome, un conseiller en cultures ou un représentant du fabricant de l’insecticide.

VIDÉOS

Épisode 1

Le chercheur Peter Sikkema fait le point sur la résistance des mauvaises herbes aux herbicides en Ontario et décrit quelques pratiques de gestion optimales.

Épisode 2

Dans cette vidéo de l’École de gestion de la résistance, Kelvin Heppner discute de taux de semis avec Rob Gulden.

Épisode 3

Lauren Benoit de l’Université de Guelph explique comment gérer l’amarante tuberculée résistante à plusieurs herbicides, laquelle a été découverte plus tôt cette année en Ontario.

Épisode 4

Mike Cowbrough du MAAARO démontre comment échantillonner les mauvaises herbes en vue de tester si elles sont résistantes aux herbicides.

Épisode 5

La chercheuse Linda Hall fait le point sur la résistance aux herbicides dans l’Ouest du Canada et explique comment les producteurs peuvent la gérer.

Épisode 6

L’agriculteur manitobain Gunther Jochum explique comment il a réglé son problème de folle avoine résistante dans cet épisode de l’École de gestion de la résistance.

Épisode 7

Comment peut-on évaluer le risque que des mauvaises herbes deviennent résistantes sur sa propre ferme?

Épisode 8

Dans cet épisode, nous explorons la dissémination des mauvaises herbes résistantes en Ontario et dans le reste du continent.

Épisode 9

Albert Tenuta fait état de la résistance aux fongicides dans l’Est du Canada et recommande des pratiques de gestion optimales

IRAC

L’Insecticide Resistance Action Committee explique les pratiques optimales pour gérer la résistance aux insecticides