MAUVAISES HERBES

MAUVAISES HERBES

On estime que la surutilisation d’herbicides et la réduction des rendements et de la qualité des récoltes attribuées à la résistance aux herbicides ont un impact financier annuel sur les producteurs canadiens se chiffrant entre 1,1 et 1,5 milliard de dollars. Il est crucial de mettre en place des programmes de gestion des mauvaises herbes qui assurent un désherbage quasi parfait afin de maximiser la rentabilité des exploitations agricoles et de réduire la banque de semences du sol, ce qui retardera l’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes.

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Pratiques de gestion optimales (PGO) de la résistance aux herbicides

Il est crucial que les producteurs adoptent les meilleures pratiques de gestion pour prévenir la résistance et ainsi protéger les rendements et assurer la viabilité des cultures agricoles à long terme. Les pratiques de gestion optimales (PGO) pour prévenir la résistance aux herbicides comprennent des mesures de lutte culturales, mécaniques, biologiques et chimiques. Commencez dès aujourd’hui à les appliquer, un champ à la fois.

Effectuer des rotations de cultures

Pour gérer la résistance aux herbicides, il est essentiel d’alterner les cultures tous les ans, dans tous les champs.

  • Les rotations de cultures permettent d’utiliser en alternance des herbicides qui appartiennent à différents groupes et qui ont des modes d’action différents, ce qui réduit le risque d’émergence de mauvaises herbes résistantes.
  • Assurez-vous que votre programme de rotation comprend des cultures semées et récoltées à des dates différentes les unes des autres. Le risque d’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes est plus faible dans les champs ensemencés à l’automne, dans les cultures fourragères et dans les champs où au moins trois types de cultures (exemples : céréales, oléagineux, légumineuses) sont produites tous les six ans.
  • Produisez des cultures qui concurrencent bien les mauvaises herbes. Votre programme de rotations devrait comprendre divers types de cultures comme des espèces monocotylédones et des espèces dicotylédones, des variétés semées au printemps et d’autres à l’automne, ainsi que des annuelles et des vivaces.
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Mélanger et alterner les herbicides

Utilisez différents herbicides au cours d’une même saison de culture ainsi que d’une saison de culture à l’autre. Utilisez des mélanges d’herbicides et alternez les mélanges pour maximiser le désherbage.

  • Utilisez des herbicides qui appartiennent à différents groupes, mais qui suppriment les mêmes mauvaises herbes. Dans un même champ, alternez les groupes d’herbicides au cours d’une même saison de culture ainsi que d’une saison de culture à l’autre. « Surprenez les mauvaises herbes en utilisant des herbicides différents à chaque traitement », conseille Hugh Beckie, ancien chercheur à Agriculture et agroalimentaire Canada (AAC).
  • Mélangez au moins deux herbicides qui ont des modes d’action différents pour retarder l’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes à tout herbicide. Vous pouvez mélanger différents herbicides en cuve dans la mesure où vous suivez les directives indiquées sur les étiquettes. Utilisez les doses recommandées pour chaque produit afin de maximiser le désherbage.
  • Alternez les mélanges d’herbicides au cours d’une même saison de culture ainsi que d’une saison de culture à l’autre. Il est facile pour les mauvaises herbes de déjouer un programme simple et prévisible. Les mélanges d’herbicides utilisés en alternance permettent de déjouer les mauvaises herbes et de créer de la diversité dans vos plans de cultures.
  • Pour qu’un mélange offre vraiment des modes d’action différents, il est essentiel que les herbicides utilisés ciblent les mêmes espèces de mauvaises herbes. Pour supprimer une espèce donnée, assurez-vous que les deux herbicides mélangés la ciblent.
  • Si des mauvaises herbes ont échappé à un traitement appliqué au sol à l’automne ou au printemps, vous pouvez effectuer un autre traitement en postlevée avec des herbicides ayant des modes d’action différents pendant la saison de culture. Cette pratique permet de maximiser le désherbage et d’accroître le rendement du capital investi même en l’absence de mauvaises herbes résistantes.
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Utiliser la dose recommandée, au moment recommandé

L’utilisation de doses plus faibles que celles indiquées sur les étiquettes peut favoriser l’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes. Suivez les directives de l’étiquette en ce qui a trait à la dose, à la période propice au traitement et au volume d’eau.

  • L’utilisation de doses plus faibles que celles indiquées sur les étiquettes peut favoriser l’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes. Les mauvaises herbes qui survivent à un traitement herbicide dont la dose était plus faible que celle recommandée peuvent se multiplier et créer une population résistante. Dépistez vos champs pour évaluer l’efficacité des traitements sur les mauvaises herbes ciblées. Le dépistage peut vous faire réaliser des économies de coûts en réduisant l’utilisation d’herbicides.
  • Par exemple, dans le nord des grandes plaines où la folle avoine est la principale mauvaise herbe problématique, un traitement herbicide effectué seulement dans les zones touchées des champs de céréales de printemps plutôt que dans l’ensemble des champs a permis d’accroître la rentabilité¹
  • Lors du dépistage, notez les mauvaises herbes isolées qui ont survécu au traitement mais qui auraient dû être supprimées comme indiqué sur l’étiquette afin de les supprimer par un autre moyen. Même si elles ne risquent pas de nuire au rendement de la présente culture, il vaut mieux supprimer toute mauvaise herbe ayant échappé à un traitement sans délai afin de prévenir l’éventuelle émergence d’une population résistante.
  • Soyez attentif aux techniques de pulvérisation.
    • Une vitesse de déplacement lente et des vents faibles favorisent une couverture plus uniforme.
    • Une rampe stable favorise un dépôt plus uniforme des gouttelettes.
    • Toute dose sublétale appliquée de façon répétitive en bordure des champs ou dans les tournants peut favoriser l’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes.

1 Van Wychen LR, Luschei EC, Bussan AJ et Maxwell BD. Accuracy and cost effectiveness of GPS-assisted wild oat mapping in spring cereal crops. WeedSci 50:120–129 (2002).

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D’autres PGO pour gérer la résistance
Tenez des registres exacts afin de pouvoir prendre des décisions éclairées en fonction des conditions propres à chaque champ ou zone de champ.
 

Maximisez la compétitivité de la culture en adoptant des pratiques agronomiques qui rendent la culture plus compétitive que les mauvaises herbes comme l’emploi de taux de semis élevés.

Adoptez de bonnes pratiques phytosanitaires comme le nettoyage de l’équipement entre les champs et l’emploi de semences exemptes de mauvaises herbes et de fumier bien composté afin de réduire la quantité de semences ajoutées à la banque de semences du sol.

Prévenez et supprimez les échappées de traitement dans les bordures de champ et le long des clôtures. Ces zones sont propices à la multiplication des mauvaises herbes, y compris celles qui sont résistantes aux herbicides. Effectuez des traitements ponctuels, arrachez manuellement les mauvaises herbes, brûlez ou tondez les échappées de traitement à l’intérieur du champ et prévenez la maturation des semences des mauvaises herbes.

Envisagez d’effectuer un travail du sol stratégique étant donné que le risque d’émergence de populations de mauvaises herbes résistantes est plus élevé dans les cultures sans labour.

Consultez un agronome qui connait bien la biologie des mauvaises herbes et qui peut vous conseiller en cas de besoin.

VIDÉOS

Visionnez les vidéos de l’École de gestion de la résistance pour en apprendre davantage!

Épisode 1

Le chercheur Peter Sikkema fait le point sur la résistance des mauvaises herbes aux herbicides en Ontario et décrit quelques pratiques de gestion optimales.

Épisode 2

Dans cette vidéo de l’École de gestion de la résistance, Kelvin Heppner discute de taux de semis avec Rob Gulden.

Épisode 3

Lauren Benoit de l’Université de Guelph explique comment gérer l’amarante tuberculée résistante à plusieurs herbicides, laquelle a été découverte plus tôt cette année en Ontario.

Épisode 4

Mike Cowbrough du MAAARO démontre comment échantillonner les mauvaises herbes en vue de tester si elles sont résistantes aux herbicides.

Épisode 5

La chercheuse Linda Hall fait le point sur la résistance aux herbicides dans l’Ouest du Canada et explique comment les producteurs peuvent la gérer.

Épisode 6

L’agriculteur manitobain Gunther Jochum explique comment il a réglé son problème de folle avoine résistante dans cet épisode de l’École de gestion de la résistance.

Épisode 7

Comment peut-on évaluer le risque que des mauvaises herbes deviennent résistantes sur sa propre ferme?

Épisode 8

Dans cet épisode, nous explorons la dissémination des mauvaises herbes résistantes en Ontario et dans le reste du continent.